Laver & entretenir son kimono JJB

Les matières utilisées pour la confection des kimonos de jiu-jitsu brésilien sont en majeure partie du coton, ou un mélange de coton et de polyester.

Voici six conseils pour entretenir son kimono JJB, maintenir ses couleurs et éviter les rétrécissements excessifs.

1 – Sortez votre kimono du sac dès votre retour

« Il ne faut pas remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même. » Cela s’applique aussi à votre kimono.

Si vous le laissez macérer toute la nuit dans votre sac de sport, attendez-vous à une odeur très forte quand vous le sortirez.

« N’attendez pas ! »

De retour chez vous, sortez le kimono du sac et mettez-le à sécher à l’air libre. C’est le premier réflexe à prendre.

Les taches de sang

S’il y a des taches de sang sur un kimono blanc, évitez de frotter énergiquement : vous ne feriez que les étendre.

Évitez aussi l’eau chaude, qui fait coaguler le sang et fixe la tache en profondeur.

Nous préconisons de faire tremper la partie tachée toute une nuit, la tache disparaît alors le plus souvent d’elle-même, ou de tamponner la tache avec un chiffon mouillé d’eau froide.

Pourquoi c’est urgent

Le coton absorbe l’humidité de façon importante, votre transpiration en l’occurrence, et ne l’évacue que très difficilement.

À la fin de l’entraînement, vous vous retrouvez avec un kimono très humide, qui a servi de serpillière pendant deux heures et qui a accumulé un bon nombre de bactéries en tout genre.

Les bactéries ont besoin de deux choses pour se multiplier : de l’humidité et une température ni trop basse ni trop élevée.

Votre kimono est le lieu idéal.

NOTA : Si vous avez plus de trois entraînements par semaine, il vous faudra une petite collection de kimonos, et un compromis avec le reste de la famille : cela prend de la place et ce n’est pas très décoratif. Indispensable malgré tout.

2 – Où et comment le faire sécher

Au soleil ou à l’ombre ?

Un kimono blanc peut sécher au soleil : cela l’éclaircit et l’assainit.

Un kimono foncé (bleu, noir, vert) se fait sécher à l’ombre. Le soleil agit sur ses couleurs exactement comme sur un blanc, et les délave.

Ce qui agit réellement sur un kimono étendu

Trois mécanismes entrent en jeu, et pas dans les proportions que l’on croit.

Le séchage lui-même fait l’essentiel du travail. Les bactéries ont besoin d’humidité pour se multiplier ; un tissu sec les prive de ce dont elles vivent. C’est la raison principale pour laquelle un kimono étendu sent correct et un kimono resté en boule dans un sac sent mauvais.

Les ultraviolets viennent ensuite, sur un kimono blanc exposé au soleil. Ils dégradent les molécules responsables du grisaillement du blanc et ont un effet germicide réel en surface.

ozone, oxydant naturellement présent dans l'atmosphère

L’ozone (O3), parfois appelé « oxygène activé », est un oxydant puissant utilisé en désinfection industrielle.

L’ozone joue le troisième rôle, et il faut être honnête sur son ampleur. Quand une molécule d’ozone rencontre une bactérie, l’oxydation détruit effectivement la bactérie. Mais dans l’air extérieur, la concentration en ozone se compte en quelques dizaines de parties par milliard, très loin des doses employées dans un tunnel de désinfection industriel. Sa contribution est donc réelle mais marginale.

À retenir : étendre son kimono ne remplace pas un lavage. Cela limite la prolifération en attendant la machine, rien de plus.

Comment l’étendre

Mettez la veste et le pantalon sur deux cintres bien séparés. Ils ne sèchent pas à la même vitesse, du fait du grammage et de la surface à sécher.

Quand vous étendez le kimono, tirez sur les manches et sur le bas du pantalon. Cela remet les fibres en position et limite le rétrécissement au séchage.

Une fois sec, le kimono peut passer en machine.

NOTA : Faire sécher le kimono avant de le mettre en machine garde le blanc plus clair, évite les traces jaunâtres qui se forment au col au fil des lavages, et empêche les odeurs de s’installer. C’est l’étape que l’on saute le plus souvent.

3 – Le lavage en machine

Vous voilà avec un kimono sec et dépourvu de bactéries en vie. Place au lavage, pour évacuer tout ce beau monde.

NOTA : Votre kimono sera seul en machine. Pas de chemises, pas de tee-shirts, pas de chaussettes, et surtout ne mélangez pas les couleurs.

La température

Votre kimono est constitué en majeure partie de coton, et par conséquent très sensible à la température.

La température maximale est de 30 °C. Au-delà, le kimono rétrécit de lavage en lavage.

Nous vous préconisons un lavage à froid.

À cette température, le kimono ne bouge pas, ou de façon très minime.

NOTA : Sur un kimono neuf, si vous voulez l’ajuster à votre morphologie, vous pouvez tenter des lavages plus chauds (30 à 40 °C). Procédez pas à pas : une fois trop court, il n’est plus possible de revenir en arrière.

Le kimono rêche et le bicarbonate

REMARQUE : Si vous trouvez votre kimono un peu rêche une fois sec, c’est le calcaire de votre eau de lavage, pas le tissu.

bicarbonate de soude, pour assouplir un kimono de JJB

N’ajoutez pas d’adoucissant chimique. Préférez le bicarbonate de sodium au lavage suivant : écologique, peu cher, et il assouplit le tissu.

4 – Le sèche-linge : attention danger

Comme évoqué plus haut, le coton est sensible à la température.

Mettre un kimono humide au sèche-linge revient à lui infliger un lavage à haute température. Résultat : il rétrécit.

NOTA : Si votre kimono porte des patchs vinyle, la règle vaut double : la chaleur abîme l’impression et la décolle par les bords.

Sur un kimono qui a déjà beaucoup de lavages derrière lui, la question ne se pose plus vraiment : les fibres ont fini de bouger.

Comme vu plus haut : sur cintre, extrémités tendues, à l’air libre. C’est l’idéal.

5 – Fixer et préserver les couleurs

Entretenir son kimono JJB, c’est aussi garder sa couleur, qu’il soit noir, bleu, rouge ou vert.

Pour un kimono neuf, avant le premier lavage, tournons-nous vers nos grands-mères : faites-le tremper quelques heures dans de l’eau froide additionnée de vinaigre blanc et de gros sel.

Une fois le kimono « baptisé », des produits dédiés entretiennent la couleur.

On en trouve en grande surface, pour conserver l’éclat du blanc comme pour raviver l’intensité des couleurs foncées.

6 – Ranger, faire tourner, ne pas prêter

Le rangement

Une fois propre et sec, prenez le temps de plier votre kimono. Évitez de le ranger en boule dans l’armoire : vous gagnerez de la place et vous prendrez soin du coton.

La rotation entre plusieurs kimonos

Si vous vous entraînez trois fois par semaine ou plus, posséder plusieurs kimonos et faire une rotation entre eux est une bonne idée.

Ce rythme impose des lavages fréquents, et lavage plus séchage prennent du temps. Avec plusieurs kimonos, vous laissez à chacun le temps de sécher et d’être lavé correctement.

Vous lavez aussi chaque kimono moins souvent, puisque vous en portez un différent à chaque séance. Cela seul allonge leur durée de vie.

Ne prêtez pas votre kimono

C’est plus une préférence personnelle qu’un conseil pratique, mais voici le raisonnement.

D’abord, porter son propre kimono avec la sueur de quelqu’un d’autre n’a rien d’agréable, et si le kimono n’a pas été lavé entre-temps, ce n’est pas hygiénique.

Ensuite, la personne à qui vous l’avez prêté le rapportera très probablement chez elle et le lavera. Et comme nous l’avons vu, laver un kimono de la mauvaise façon le fragilise.

L’hygiène en général

Un kimono propre et bien entretenu est agréable pour vous, mais c’est surtout une pratique hygiénique élémentaire vis-à-vis de vos partenaires, et un signe de respect.

Il n’y a rien de plus désagréable que de tourner avec un partenaire dont le kimono sent mauvais.


Pour compléter cet article, nous vous proposons cette vidéo très ludique proposée par Jits.fr, qui explique quoi faire de son kimono une fois l’entraînement terminé.

Vous voilà prêt : vous savez désormais comment entretenir son kimono JJB.

4.9/5 - (28 votes)